Quelques photos pour mieux comprendre le principe de l'Art de la fuste©.
Le tronc est prêt. Il faut le retourner avec le tournebille et le saisir avec la grue. Le W a disparu laissant place à des arrêtes coupantes.
Détail de l'entaille en long ou gorge et de la gueule.
Le même. Il va épouser le rondin du dessous et prendre sa place. Des sangles vont terminer de le serrer. Les arrêtes vont entamer le rondin du dessous et rendre le mur étanche.
Le tronc se met en place et s'encastre parfaitement.
Vue de dessus. On voit bien le principe de l'entaille d'angle dite auto-bloquante en tête de bélier. C'est grâce à ce principe que ces maisons sont dites antisismiques.
Découpe d'entaille plus complexe souvent réservée à la charpente. Les possibilités de traçage du compas à doubles niveaux sont vastes. On peut tout faire.
Entaille plus complexe.
Les joints sont serrés. Les murs sont étanches.
En séchant, le diamètre des fûts diminue. La conséquence directe est un tassement de l'ensemble de la fuste. Le tassement est énormément aidé par le poids de la couverture. Donc, plus le toit est lourd et mieux c'est, car plus les rondins vont se serrer. Un peu comme quand les ongles pénètrent dans la peau. Ce tassement continue jusqu'à ce que les bois ont une hygrométrie constante. Il faut compter environ deux à trois ans.
Il faut éviter que les troncs écrasent les dormants pendant la durée du tassement. Pour cela, nous devons prévoir des jeux de tassements et de coulissement. Le jeu de tassement - il sera comblé par un isolant - est découpé dans le rondins qui ferme l'ouverture et les tasseaux s'encastrent verticalement dans la rainure de coulissements. Jeu de tassement et rainure sont faits à la tronçonneuse.
Les murs sont montés jusqu'au niveau des hauteurs des ouvrants portes et fenêtres. Nous devons, avant de placer les troncs qui ferment les ouvertures des huisseries, faire les entailles qui recevront les portes et fenêtres. On n'oubliera pas la rainure (faite en bout des bois dans l'axe du mur) pour le tasseau. C'est sur les tasseaux (droit et gauche) que seront fixés portes et fenêtres.
Le tronc qui ferme le haut de la porte est entaillé pour le jeu de tassement et les rainures à droite et à gauche reçoivent le tasseau.
La fenêtre est posée (photos du bas.) Cette fuste à deux ans passés et les murs se sont déjà tassés de 24 cm. Cette mesure est faite de la pointe de la panne faitière jusqu'au sol. Il en va de même pour le tassement au niveau des fenêtres. Cependant, le tassement est fonction de la hauteur. En ce qui concerne la fenêtre de la photo, le tassement est de 2,5 cm. On voit bien que le tronc qui ferme le mur, sur le haut de la fenêtre, est presque à ras avec le bas du cadre de la fenêtre.
Ce jeu de tassement est très important lorsqu'on construit une fuste. À l'intérieur, il en va de même si vous voulez fixer (par le haut et par le bas) un élément quelconque au mur. Il faut prévoir des lumières afin que les bois puissent coulisser entre.
Si vous avez le malheur de les oublier, la pression est telle que l'élément sera arraché.
La fenêtre en place avec le haut du cadre noyé dans le tronc.
C'est au tour de la charpente. Les pannes sont des troncs très longs. En général, on les a choisis dès le début et mis de côté dans ce but. Cependant, ce n'est pas toujours évident de trouver des troncs aussi longs. Dans ce cas, on peut abouter les troncs. Pour cela, nous avons toujours notre entaille d'angle avec nos facettes, mais cette fois deux troncs se font faces. Le tronc qui vient dessus cachera cet aboutage.
Mise en place d'une panne intermédiaire.
Vue aérienne d'une charpente finie.
Parvenue à cette étape, la construction est achevée. Il faut maintenant laver la fuste au jet à haute pression avant de la démonter. Vous pouvez constater à quel point le bois est devenu clair.
Fuste avant et après lavage.
La fuste est lavée. On laisse sécher pendant quelques jours puis on marque à la meuleuse les emplacements des prises et interrupteurs. On perce ensuite avec une scie cloche à la profondeur voulue.
Emplacement des interrupteurs et prises. On voit aussi les gaines électriques sortir du mur.
On arrive au démontage de la fuste. C'est à ce moment-là que l'on perce les trous verticalement pour le passage des gaines. On perce, on démonte un tour, on reperce, on démonte un tour, puis on reperce et on redémonte un tour et ainsi de suite jusqu'aux derniers rondins.
Une fuste juste avant le démontage.
Tous les troncs sont ensuite étalés. Chaque tronc reçoit un traitement insecticide et fongicide (curatif et préventif,) par pulvérisation.
La fuste est ensuite chargée sur le camion est amenée chez le propriétaire. Où elle sera remonté.
Fuste en cours de remontage. On n'en profite pour insérer les gaines électriques.
Les murs sont montés. Les lumières pour les ouvrants sont faits. La charpente est posée. Nous en arrivons à la pose de l'isolant de la toiture. La pose de la couverture est sensiblement différente d'une pose traditionnelle.
En effet, poser la couverture du fuste implique de poser d'abord le plafond puis de poser l'isolant par l'extérieur. Une rainure est découpée dans les pannes faitière, intermédiaire et sablière, dans le sens de la longueur afin d'encastrer les lames du plafond. Lorsqu'on pôse les lames, on laisse bien entendu un jeu de tassement pour éviter l'écrasement.
Ici, des planches de mélèzes non délignées entrent les pannes.
Ensuite, sur le pour tour de la toiture sur la partie extérieure (du mur on bout externe du toit) on clou les planches sur les chevrons.
Dessous de la partie externe de la toiture.
Cette tâche accomplie, on pose l'isolant. Étendu dans le sens de la longueur du toit, puis entre les chevrons afin de croiser l'isolant. Puis le pare-vapeur est posé dessus. Viennent ensuite le double lattage et la couverture (tuiles, bardeaux)
La toiture peut aussi devenir une toiture prairie ou toiture végétale. Dans ce cas, les tuiles sont remplacées par de la terre. On laisse bien sûr la nature faire son travail.
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